Au sein du bâtiment du Génie Civil du Val Benoit à Liège, ce 11 décembre 2025, un large pan de l’écosystème industriel, scientifique et institutionnel s’est réuni autour d’un même horizon : le Télescope Einstein. Pensé comme un instrument scientifique d’exception au service de la recherche fondamentale, le projet sort de ce cadre et s’inscrit dans une dynamique territoriale, économique et humaine qui concerne l’ensemble de l’Euregio Meuse-Rhin (EMR).
Sur l’invitation du Gouvernement wallon, du Service publique de Wallonie Économie, Emploi et Recherche (SPW EER), du GRE Liège ainsi que ses partenaires AKT et AGORIA, l’événement avait pour objectif clair de démontrer que, derrière l’ambition scientifique, se structure désormais une organisation opérationnelle solide, capable de mobiliser durablement les forces industrielles et académiques. En filigrane, un message fort adressé à l’Europe : l’EMR ne propose pas seulement un site, mais un véritable écosystème prêt à accueillir une infrastructure de Big Science.
Une ouverture tournée vers l’engagement collectif
Dans ce contexte de croissance de l’engagement wallon autour de ce projet, l’introduction officielle a été assurée par le Vice-Président et Ministre de l’Économie, de l’Industrie, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet.
Lors de son allocution, le Ministre a souligné le rôle structurant du Télescope Einstein et a insisté sur les opportunités de développement technologique et les retombées économiques associées au projet. Il a rappelé que la création d’une Task Force dédiée et la mobilisation des industriels wallons permettent désormais de concrétiser cet engagement sur le long terme, en assurant à la fois une coordination opérationnelle efficace et une visibilité claire des compétences wallonnes au sein du projet européen EMR.
De la recherche fondamentale aux applications industrielles
L’éclairage scientifique de Christophe Collette (ULiège) a ensuite permis de rappeler l’extrême exigence technologique de l’instrument. Tandis que Daniel Kedzierski (Mecasoft) a illustré, du point de vue d’une PME, l’intérêt du projet, les investissements qu’il implique et la manière dont une entreprise peut s’y inscrire concrètement dans un projet de Big Science.
Territoire, stratégie et retombées économiques
La première table ronde a replacé le projet dans une perspective plus large, celle du territoire et de son positionnement en Europe. Autour de la table : Benoit Renier (représentant du Cabinet du Vice-Président François Desquesnes), Lionel Bonjean (SPW EER), Fabian Culot (SPI), Pascale Delcomminette (AWeX/WBI), Michel Stassart (Task Force wallonne), Michel Moutschen (CREF), Clarisse Ramakers (AGORIA) et Olivier Vanderijst (WE).
Entre ancrage territorial et ambition européenne, ces échanges ont évoqué le contexte ainsi que le fin équilibre sur lequel repose la candidature EMR. Le Télescope Einstein s’inscrit dans une logique transfrontalière où chaque territoire apporte ses compétences spécifiques au service d’un projet commun.
Comment les projets scientifiques d’exception façonnent-ils les territoires ?
Avec l’intervention de Jean-Philippe Tock (CERN), les participants ont pu mesurer, à travers l’exemple d’autres grandes infrastructures européennes comme l’accélérateur de particules situé à la frontière franco-suisse, comment ces projets Big Science deviennent de puissants leviers pour l’innovation industrielle, la formation et la rétention des talents, ainsi que l’attractivité des territoires (magasins, restaurants, centres pour visiteurs, etc.).
Une vitrine de la puissance industrielle wallonne
La seconde table ronde a offert un panorama très concret de la mobilisation industrielle. Aux côtés du Ministre Pierre-Yves Jeholet, plusieurs acteurs industriels wallons importants ont partagé leurs perspectives : Arnaud Dartevelle (AMOS), Yves Delatte (Sonaca), Virginie Dufrasne (Lixon), Edouard Herinckx (Thomas & Piron), François Lepot (Safran Aero Boosters), François Michel (John Cockerill) et Alain Quevrin (Thales).
Ce rassemblement illustrait l’un des messages centraux de la soirée : si autant d’acteurs industriels sont mobilisés, c’est parce que le Télescope Einstein constitue indéniablement un défi autant scientifique qu’industriel, appelant dès lors des compétences qui couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, du génie civil aux technologies les plus avancées.
Un engagement formalisé pour l’avenir
Moment clé de la soirée : l’appel à la mobilisation des acteurs wallons initié par le Minisitre Pierre-Yves Jeholet, aux côtés de Pierre Mottet (AKT for Wallonia) et Jean-Christophe Peterkenne (GRE Liège), qui ont convié industriels, institutionnels et académiques à formaliser leur engagement commun en faveur du projet, par la signature d’un protocole d’entente, d’un Momerandum of Understanding.
Sur scène, ce geste s’inscrit pleinement dans la logique portée par la Task Force wallonne : structurer l’engagement, coordonner les initiatives et préparer, dès aujourd’hui, les retombées industrielles, scientifiques et humaines du futur observatoire, dans un esprit de confiance, de partage et de responsabilité collective.
Une dynamique wallonne au service de l’Euregio
Si cette mobilisation a pris corps dans la Métropole liégeoise, elle s’inscrit dans une dynamique résolument européenne. Le Télescope Einstein est un projet transfrontalier par nature : la force industrielle wallonne ne se substitue pas aux autres partenaires de l’EMR, elle vient renforcer une candidature fondée sur la complémentarité, la coopération et la mise en réseau des compétences.
La soirée s’est clôturée dans une atmosphère conviviale, autour d’un verre partagé, prolongeant les échanges bien au-delà du programme officiel. Les discussions, la diversité des acteurs présents et la densité des interactions ont donné un aperçu très concret de ce que pourrait devenir, à l’échelle de l’Euregio Meuse-Rhin, une région unie autour d’un instrument capable de sonder l’univers… et de transformer durablement son territoire.
